• Les Etoiles de Lacrimatica - Chapitre VII

     

    "Je mourrais pour l'amour de la sirène,

    Sa séduction, sa beauté et son mépris,

    Bienvenue à la fin de ta vie,

    Salut à toi, Fils de l'Océan"

    Thuomas Holopainen (NIGHTWISH - Oceanborn)

     

    CHAPITRE VII:

    Le salut de la mer

     

    Notre marche vers le port Banogur continua ainsi. Ydëlah chevauchant sa licorne noire, Braltaly ouvrant notre marche, et Zaphiro qui montrait quelques signes de faiblesse. Nous marchions encore pendant plus de trois heures à travers la grande forêt. Entre les arbres, nous avons sentit une lourde odeur de brulé et étrangement, cela semblait grandement inquiéter Braltaly. Il me fit comprendre que cette odeur n’était pas celui d’un feu naturel, mais d’un feu venu du cœur de la terre, autrement dit, de l’enfer. Mais il préférait que je n’en dise rien à Ydëlah afin de ne pas l’inquiéter d’avantage. Sur notre route, trois bandits nous attaquèrent dans un petit sentier de pierre. Braltaly et moi dégainèrent nos épées tandis que Zaphiro protégeait Ydëlah et la licorne. Le duel de Braltaly contre les deux voleurs ne fit pas long feu et les hommes tombèrent brutalement au sol sous la redoutable force du Dragon Maudit. Néanmoins, je mit plus de temps à me débarrasser de mon adversaire, ce qui fit bien rire la Légende Disparue. Ayant récupéré leur or et provisions, nous repartîmes vers le Nord-Ouest.

     

    Ce n’est que le lendemain matin que nous arrivions enfin au port Banogur. La mer nous salua de toute sa splendeur sous un magnifique soleil aux mille feux. Ydëlah semblait émerveillé par cette vision spectaculaire que lui apportait le paysage. Le port n’était plus très loin, et nous vîmes de grands navires y arriver. Quelques instants plus tard, nous nous retrouvions entre les murs de Banogur et notre joie fut pleine à la vue de la bonne humeur qui régnait sur les lieux. Banogur était un port protégé d’une grande muraille sur terre permettant aussi une meilleure surveillance du port car les nombreux bandits convoitaient les richesses apportées de la mer. Le port était l’un des plus grands et majestueux du Monde Connu. A Banogur se trouve l’emplacement  du Palais de la Marine, l’armée des mers. Des gardes patrouillaient de partout assurant la sécurité des citadins, de grands navires impériaux accostaient ici afin de partir en aventure. Bref, ce port était tout simplement grandiose et en parfaite harmonie avec la nature puisque la mer elle-même n’a pas été dévoré par les digues. Au contraire, les excellents architectes qui ont bâtit ce port ont construit les digues sur les falaises non dangereuses. La plage reste donc idem. Et oui, car une partie du port est construit dans la falaise même assurant ainsi une monstrueuse défense contre les attaques venant de la mer puisque les falaises sont constitués de granites bleus, le granite le plus résistant.

     

    Mais il nous fallait un navire. Braltaly proposa de trouver des pirates mais Ydëlah lui fit comprendre qu’ici, contrairement à Alphasia, les pirates étaient vu comme des bandits ne désirant que piller le port. Le Dragon Maudit grogna et Ydëlah proposa à son tour de demander à un commandant de la Marine de nous amener à Mylébor. De toute façon, nous n’avions pas d’autres choix. Et nous cherchions donc toute la journée un navire que nous trouvions sans encombre. Il s’agissait un grand homme barbu, plutôt jeune et au visage mauvais. Il était commandant d’une frégate qui devait justement partir pour Mylébor. L’homme nous fit comprendre qu’ils partaient le lendemain mais il refusa de dire pourquoi l’armée se rendait à Mylébor. Ainsi donc, nous devions rester en ville pour au moins une journée.

     

    Nous baladant dans les grandes rues mouvementées du port, nous étions témoins de nombreux spectacles et autres jeux. Braltaly s’arrêta dans une armurerie nous laissant tous les quatre seuls. Ydëlah acheta une bonne baguette pour la licorne, tandis que Zaphiro et moi observons étrangement un curieux groupe de musiciens qui ne possédait aucun instrument si ce n’est qu’un tambour, et chaque membre du groupe imitait remarquablement avec la voix un instrument. Il y avait peu de monde qui s’arrêtait pour regarder ces étranges bardes, peut-être étaient-ils trop modernes, ou incompris. Un peu plus tard, nous continuons notre promenade à travers la grande foule du marché. Mille odeurs hantaient les lieux et Zaphiro éprouvait de grandes difficultés à supporter toute ces odeurs de végétaux . Rires, cris de joie et bonne humeur régnaient autour de nous, il n’y avait rien de mieux pour enfin retrouver le sourire et oublier nos traquas. Malgré toutes ces personnes qui nous empêchaient de voir la plupart des vendeurs, nous passions une excellente après-midi entre amis. C’était un marché immense, on y trouvait de tout, armes, légumes, parchemins, animaux, bijoux… Il nous était presque impossible de nous entendre tellement il y avait du monde. Un marchand d’arme me proposa une de ses dagues que je refusa, ce qui fit rire Ydëlah. Je préférais garder celle que j’avais… Plus tard encore, nous nous installions au calme dans une petite place autour d’une fontaine afin de manger quelques noix en discutant. Nous parlions de tout et de rien. Zaphiro dévorait les coquille de noix qu’il adorait tandis que la licorne se reposa au sol auprès de la Princesse d’Emeraude. Ydëlah me parlait d’elle, de ce qu’elle aimait, de ce qu’elle détestait, de ce qu’elle pensait, de ce qu’elle voulait. Et moi, je restait muet, je ne dis rien sur moi, je l’écoutait et lui répondait. Un simple discours d’amis… Qu’est-ce que l’amitié, au final ?

     

    Le soir tomba, après une bonne après-midi, nous rejoignîmes Braltaly dans une taverne qui avait déjà bu trois pintes de bières auprès d’un homme semblant être un chasseur. Nous nous installions tous les quatre sans chercher à nous présenter au chasseur. Mais bon, celui-ci discutait avec Braltaly sans vraiment prêter attention à nous. Je commanda trois pintes pour moi, Ydëlah et Braltaly. Après nous avoir servit, la serveuse nous quitta avec sourire et nous nous prêtions à la conversation dans la mesure du possible:

     

    -Un dragon, non ! Pas un dragon ! Déjà, faut pouvoir vaincre un ogre, un grand ogre. Car eux, ils savent se battre ! Rares sont les chasseurs à vaincre un dragon ! Après, faut pas oublier d’aller voir dans leur antre, la richesse n’est jamais loin d’un dragon !

    -ça dépend ! Un dragon scelle son antre s’il prévoit chasser loin de ses terres.

    -La bière est bonne ici, reprit le chasseur, je veux que l’on me serve encore ! SERVEUSE !

    -Ce n’est pas la meilleure, mais pas la pire non plus, répondit Braltaly.

    -Comment peut-on passer du dragon à la bière ? Demanda Ydeläh.

    -Avec la bière, tout est possible ! Répondis-je.

    -La soirée risque d’être passionnante… Me fit-elle.

     

    Zaphiro croquait son os tranquillement à mes pieds, sous la table. La licorne noire était attachée à l’extérieure et Ydeläh s’absentait de temps en temps pour aller la voir. Ce fut une soirée passionnante, en effet, car Braltaly et le chasseur ne s’étaient sans doute pas rendu compte que nous étions installés à la même table qu’eux, puisqu’en deux heures déjà, aucun regard n’avait été posé sur nous. Mais bon, la Princesse d’Emeraude et moi-même n’étions pas très bavard non plus. Et il est rare qu’une soirée à la taverne soit si neutre, comme s’il y avait une sinistre atmosphère. Ainsi, comme à mon habitude en Alphasia, je me leva et partit me mettre debout sur une grande table au centre de la taverne sans prendre attention aux aventuriers y buvant. Je me présenta à tous comme prophète et conteur d’histoire. La chance était avec moi, dans ce monde, ils devaient aussi aimer les histoires de prophète, vu que tous me regardaient passionnément avec grand sourire et attention. Alors je ne perdit pas de temps et me lança:

     

    « Je vous salue tous, chers amis ! Je me présente, je suis Erxalion, prophète et conteur d’histoires d’autres mondes. Inutile d’aller plus loin dans les explications et présentations. J’ai une histoire à vous conter, que votre ouïe savoure mes mots ! » 

     

    Il y eu en partie le silence, des dizaines de yeux étaient braqués sur moi, on voulait écouter mon histoire:

     

    « Je pourrais vous conter mille histoires en une soirée. Mais faut-il encore qu’une soirée dure des mois ! Ainsi, voici celle que je choisis pour cette soirée ! » 

     

    « Imaginez un monde où la magie n’est pas, un monde où l’homme et l’animal ne se guerroient pas, mais ils se livrent bataille pour survivre tout en vivant dans une paix si unique qu’aucun monde ne peut se permettre de s’offrir. Un monde où la guerre n’existe pas, ou du moins, plus. La Guerre, dans ce monde, n’a été parlé qu’une fois il y a des siècles, mais elle avait réveillé un dragon rouge gigantesque qui aurait empiré la tournure des évènements. Depuis ce sinistre jour, le mot « Guerre » a tout simplement été banni, condamné à l‘oubli. L’histoire que je vais vous conter prend sa source d’une colère antique entre trois amis. Une colère si lourde qu’elle a prophétisée une malédiction qui frappe le monde dès que deux lunes, Aube et Crépuscule, s’embrasse au dessus d’une vieille tour aux origines inconnues. Notre histoire commence bien là, sur la tour, sous les lunes. Deux jeunes chasseurs furent envoyés chassés de petits reptiles nuisibles, quand ils tombèrent nez-à-nez face à deux grands lions rouge et bleu aux ailes de dragons invoquer une étrange petite pierre noire. Repérés, l’un des chasseur tomba tandis que son ami parvînt à fuir les lieux. Quelques jours plus tard, les témoignages du chasseur survivant étaient clairs: La Prophétie des Eléments a encore frappé. Au petit village de Pokke, il n’y a qu’un seul homme qui sait trop de choses sur cette prophétie démoniaque, il s’agit de Drackus, le Héros Noir de notre histoire. La prophétie veut que, si une créature trouve la pierre, cette dernière dévore son âme et contrôle son corps et son esprit. La créature maudite acquis la puissance des quatre éléments fondateurs de ce monde qui sont le feu, la glace, la foudre et l’eau. Mais pire encore, sa couleur change et elle devient immortel, sauf si la pierre visible sur son crâne est définitivement détruite. Ainsi continue notre histoire. Le chef du village de Pokke demanda à Drackus d’enquêter là où la pierre s’est envolé afin de tenter de trouver et tuer un animal l’ayant trouvé, dans l’espoir qu’il s’agisse d’un simple animal, et non d’un dragon… Il partit ainsi en quête dans le même espoir, qu’un dragon n’ai pas déjà trouvé la pierre, ce qui serait un drame trop grand pour être imaginé. Mais dans sa quête, il ne trouva rien du tout, la forêt où pourrait être tombé la pierre ne semble pas du tout témoigner de quoi que ce soit d’inhabituel. Rentrant ainsi bredouille à Pokke, il fit par de son rapport. Mais très vite, le chef du village vînt à lui et lui fit comprendre que le drame était déjà arrivé: Un village aurait mystérieusement été anéantit par un dragon inconnu. Pris d’effroi par la triste nouvelle, le chef du village ne tarda pas à envoyer une escorte de chasseur, dont Drackus, pour enquêter aux ruines du village afin de trouver des indices permettant d’identifier le monstre. Le même jour, les quatre chasseurs partirent sur leurs montures là où le cauchemar a frappé pour la première fois. Ils galopèrent toute la nuit à travers les plaines de Dondruma priant pour le monde ne tremble pas les prochains jours. Ce fut une nuit splendide, toutes les étoiles étaient braquées sur eux, sachant sans doute déjà qu’elles seraient témoins des évènements les plus marquants du Monde Connu. Le lendemain matin, ils arrivèrent devant de tas de ruines, avec de la fumée qui s’élevait encore des débris. D’après les premiers constats, seul un grand dragon ancien était capable de causer de tels ravages. Dans le village, pas de signes de vies, il n’y avait que sang et cadavres. Tous les indices laissaient voir que le dragon crachait des flammes, puis, Drackus fit la découverte d’une empreinte: « Tigrex ! » Fit-il. Mais les autres chasseurs rirent de lui, un tigrex ne crache pas de flammes et ne s’attaquerait pas à un village. Selon les autres, il n’y avait pas de doute, le dragon était le terrible et effrayant fatalis noir. Le dragon le plus craint, le plus terrifiant et rares du Monde Connu. Ils décidèrent donc de quitter les lieux et de retourner à Pokke. Le soir venu, ils firent leur rapport. Drackus exposa son propre rapport pensant qu’il s’agit d’un tigrex maudit par la prophétie, ce qui expliquerait la présence des traces de flammes. Quand aux trois autres chasseurs, ils expliquèrent qu’il ne pouvait s’agir que d’un fatalis noir et que la prophétie n’était qu’un vieux conte pour enfant. Mais il n’empêchait qu’ils devaient tous se retrouver d’ici deux jours à la forteresse un eu plus au Nord du village. En effet, selon des éclaireurs, le dragon aurait sévit non loin et donc, par mesure de sécurité du peuple, le Bon Roi Danighor décida de réfugier la population dans ls murs de la forteresse afin d’éviter d’autres victimes innocentes. Mais curieusement, tous les chasseurs et soldats devaient se rendre, tous unis, à la défense de la forteresse afin d’être sûr de pouvoir vaincre la mystérieuse créature. C’est ainsi qu’ils repartirent d’urgence à la forteresse. En principe, le dragon n’oserait pas attaquer la forteresse puisqu’elle est beaucoup trop imposante et dangereuse pour lui. Cette forteresse est suffisamment redoutable pour avoir déjà vaincu des dragons à la taille d’une montagne. Le dragon ne devait donc pas du tout attaquer, ce que de nombreux chasseurs et soldats trouvèrent curieux: Pourquoi nous réfugier à la forteresse au lieu de traquer l’animal ? Mais les réponses a cette questions ne vous seront pas dévoilés dans cette histoire. La nuit tomba et les hommes chantèrent et burent ensemble. Tout semblait être calme, puis vînt le lendemain matin. Il faisait soudainement chaud pour la saison. L’odeur de la sueur s’élevait dans les vents, du moins, c’est-ce que pensaient chasseurs et soldats, car en réalité, il s’agissait de la peur avant le cauchemar. Oh, chers amis autour de cette table qui écoutiez mon histoire, vous ne pouvez vous imaginer à quel point cette atmosphère était lourde, l’inquiétude régnait parmi les esprits enfermés dans les armures de métal brûlant sous la chaleur surnaturelle. Mais une crainte de quoi ? Qu’est-ce qui pouvait soudainement les terrifier ? Me demanderiez-vous alors qu’il n’y a absolument rien ! Et bien, la réponse a ces questions se dévoile au moment où un éclaireur, affolé, se précipita vers ses compagnons en hurlant: Alerte ! Alerte ! Un dragon noir vole droit vers la forteresse !! Aussi rapide que le message fut transmit, des milliers de lances et lames furent dégainées… »

     

    Un hurlement au lointain retentit, Braltaly se leva brutalement, l’air inquiet. Et un silence de mort dévora les lieux.

     

    Tout à coup, un homme en armure entra avec lourd fracas dans la taverne, me coupant ainsi dans la narration de mon histoire.

     

    -ALERTE ! ALERTE ! Un dragon rouge vole droit vers le port !! Hurla-t-il, terrifié.

     

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