• Au-delà Skyrim : Puits d'Amour en Bordeciel

    Puits d'Amour en Bordeciel

         

    Dans votre voyage parmi les majestueuses contrées de Bordeciel, vous aviez dû effectuer votre pèlerinage vers le Haut-Hrotgar, au sommet de la Gorge du Monde. Le dernier village que vous avez traversé est Fort-Ivar ouvrant la voie des 7000 marches qui dessinent votre ascension de la plus haute montagne de Tamriel. Mais pour parvenir à Fort-Ivar, il existe beaucoup de chemins. C'est l'un d'entre eux qui va nous intéresser. Situé au Nord du village, dans la continuité du sentier longeant l'antre du Troll des cavernes, vous tombez sur les vestiges de ce qui semble être une très ancienne habitation. Et parfois, en passant par ce sentier, des feux follets vous encerclent et, surgissant de la colline dominée par un vieux puits, une lucereine vous attaque.

    Maison en ruines, au Nord de Fort-Ivar, là où apparaît de temps à autre une Lucereine.

     

         Rencontrer des créatures lors de nos aventures dans un RPG est une chose anodine. Mais parfois, certains détails ne sont pas laissés au hasard. Si je vous dis que le cas de la lucereine auprès du vieux puits, au Nord de Fort-Ivar, renvoi à la fois à une légende de Paris ainsi qu'à l'origine folklorique de la prolifération des rats dans cette même ville et à une révolution gauchiste du XIXème (toujours à Paris) vous allez sans doute vous poser des questions sur mon état mental, et pourtant...

    15 février 1831.
    Paris,
         Ce jour-là, le peuple est en colère, il descend dans les rues pour de nouveau se faire entendre. L'émeute tourne vite au vinaigre, l'archevêché de Paris est complètement détruit. Les églises de l'Assomption et de Saint-Roch tiennent contre les révoltés. Mais à Conflans, la maison de l'Archevêque est totalement détruite. Puis, les forces de l'ordre interviennent. Les tirs de baïonnettes éclatent, des hurlements stridents leurs répondent et, le vent se lève...
    Bien plus tard, lors du nettoyage de la rue, on trouve sur les ruines de l'archevêché trois petits papiers parmi les débris. Ces papiers vont inspirer le folklore, la cuisine française, et Bethesda.
    Parce que ces papiers racontent l'histoire du Fantôme du Puits d'Arianne.

    Gravure du carrefour où se serait déroulée l'histoire

     

         Il était une fois, à Paris, un beau jour de juillet, une femme accablée par le désespoir d'amour, se jeta dans un puits. Malheureusement, ce fut un triste malentendu entre elle et celui qu'elle désirait qui l'a poussé dans le puits. Car en vérité, l'homme l'aimait. Bien entendu, mis au courant de la tragédie, l'homme accourut immédiatement au puits, mais les archers avaient déjà enterré le corps, sans cérémonie funéraire, ni messe, car elle avait quitté le monde par le péché, le suicide étant condamné par l'église. Totalement écrasé par le chagrin, le malheureux implora l'aide du Ciel. Il continua longuement ses prières, réclamant le retour de sa bien-aimée. C'est alors que la brume se leva et que le fantôme de la belle fit son apparition. Pourtant, elle n'avait rien d'un fantôme, elle était telle qu'il l'avait vu la dernière fois. Sans attendre, ils se serrèrent dans les bras et jurèrent de ne plus jamais se quitter. Ainsi, chaque nuit, à la même heure, l'homme retrouve le fantôme de sa belle, et ce pendant huit semaines, jusqu'à ce qu'elle disparaisse à nouveau. Intrigué, l'homme continua de retourner au pied du puits dans l'espoir de revoir sa dulcinée. Mais elle ne reviendra plus. Au bout de quatorze jours, il perdit espoir de la revoir et sombra dans la mélancolie, une fois de plus.
         Mais un soir d'orage, alors qu'il dormait, une voix soudaine le réveilla. Pourtant, il n'y avait personne auprès de lui, la voix venait de l'autre monde et lui disait de retourner auprès du puits. Convaincu de revoir enfin sa bien-aimée, il sortit immédiatement dans la rue, peu vêtu, sous la pluie et l'orage tonitruant, si heureux à l'idée de se retrouver encore dans les bras de sa belle. Mais une fois encore, le carrefour où se situait le puits était désert. Ses appels furent couverts par l'éclat déchirant de la foudre tandis qu'il cherchait sa dulcinée. A défaut de la revoir, il trouva un bébé au pied du puits. C'est alors que la voix de l'autre monde apparut et lui dévoila qu'il s'agissait de son fils. Oui, de l'enfant qu'il a eu avec le fantôme de sa dulcinée. L'enfant n'avait rien d'humain, il était né de l'amour d'un mortel et d'un fantôme, c'était un incube, un rejeton de l'enfer. Étant un homme de Dieu, l'homme prit peur de son enfant et le jeta dans le puits.
         Par la suite, l'enfant maudit vécu au fond du puits et donna naissance à une horde d'être démoniaques à l'image des rats. On dit que c'est depuis ce jour que les rats prolifèrent dans la ville de Paris.

    Gravure d'Agnès Hellebic

     

         La version de l'histoire que je viens de vous raconter est la plus générique, comme toutes les histoires de Dames Blanches, il en existe de nombreuses versions mettant en scènes diverses personnalités religieuses et politiques de ces derniers siècles. Toutefois, toutes les versions s'accordent à dire que cette histoire s'est déroulée au même endroit que l'on peut encore visiter aujourd'hui : à l’angle des actuelles rues Pierre-Lescot et de la Grande-Truanderie, en plein Paris. Donc, si un jour vous vient l'idée de vous promener dans la capitale, n'hésitez pas à passer dans ce fameux carrefour. Posez-y une petite fleur, quelque part (le puits n'y serait plus), dégustez aussi une confiserie typiquement française qui se réfère à cette même histoire, un petit Puits d'Amour avec la personne que vous aimez, le tout à la mémoire de cette tragique histoire d'amour, afin d'apaiser les deux esprits tourmentés par leur chagrin. Et surtout, évitez d'y aller la nuit, les promeneurs nocturnes ne gardent jamais de bons souvenirs des Dames Blanches.

    « [TRADUCTION] Ecliptica - Sonata Arctica[Traduction] Ayreon - The Theory of Everything »

  • Commentaires

    1
    Lundi 21 Mai à 17:09

    Moi qui me croyais connaisseur du folklore français, je n'avais jamais entendu parler de cette histoire. Il y a dans ta démonstration quelque chose de si éminemment logique, qu'elle ne peut qu'être vraie.

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